Ateliers de réflexion de l'Évènement régional jeunesse 2015

Publié le 15 octobre 2015 10:11

Atelier 1 : Toujours, porte-parole des jeunes

Dans le cadre de cet atelier, 25 participants de différents horizons ont été invités à discuter de leurs priorités jeunesse dans le cadre du renouvellement de la politique québécoise de la jeunesse. L’idée était d’identifier les priorités communes et de voir sur quel front les organisations jeunesse souhaitent mettre leur énergie en commun au courant des prochains mois.

Un premier tour de table a permis de cibler un enjeu récurrent : celui de l’intégration des jeunes « marginaux », c’est-à-dire les jeunes décrocheurs, les jeunes en situation de handicap, les jeunes en situation d’itinérance, les jeunes issus de la diversité culturelle et sexuelle, etc. Il était question essentiellement de leur intégration dans le monde du travail, dans le milieu de l’entreprenariat, dans les lieux décisionnels, et dans la société québécoise en générale (accueil, francisation).

Un court sondage écrit a ensuite été rempli par les participants. Les résultats compilés permettent de confirmer que l’enjeu de l’intégration des jeunes au sein des lieux décisionnels, et particulièrement ceux issus de la diversité, apparait à l’ensemble comme étant très préoccupant pour la jeunesse. L’intégration socio-économique des jeunes, ni en emploi ni aux études, est également ressortie comme étant prioritaire au même titre que la persévérance scolaire. L’enjeu le plus populaire du sondage est sans contredit la question du financement récurrent pour des projets jeunesse structurants.

En deuxième partie de l’atelier, les participants ont proposé différentes stratégies à déployer dans l’éventualité d’un front commun; organiser des sorties médiatiques avec les organisations touchées par les coupures, personnaliser les revendications, identifier de nouveaux porte-paroles des enjeux jeunesse, travailler davantage avec les ailes jeunesse des partis politiques de tous horizons, établir des canaux de communications et de consultation avec la ville et les arrondissements, documenter les conséquences de l’austérité sur la jeunesse québécoise, etc.

Les participants ont manifesté le désir de prendre part à d’autres rencontres à ce sujet, en vue d’une concertation et d’une mobilisation accrue du réseau des organisations jeunesse à Montréal, et dans l’ensemble du Québec.

 

Atelier 2 : Toujours, un partenaire de financement

Plusieurs organisations jeunesse de la région étaient présentes pour témoigner de l’état du financement public dans leur milieu. Les participants étaient unanimes : le gouvernement provincial réduit considérablement ou cesse complètement le financement des organisations de tous les secteurs. Les représentants ont également témoigné que les rares organisations qui sont financées le sont pour des projets spécifiques, et non pour leur mission. L’absence de stabilité nuit au bon fonctionnement des organisations jeunesse, qui doivent toujours être en quête de subventions pour assurer une pérennité dans leur offre de service et une permanence de leurs employés.

Malgré les frustrations causées par le manque de vision du gouvernement provincial, les organisations jeunesse montréalaises ont une volonté tenace de poursuivre leurs activités. Les participants ont discuté de moyens pour trouver du financement et continuer d’offrir des services essentiels aux jeunes montréalais et montréalaises. Parmi les alternatives de financement évoquées, deux ont particulièrement retenu l’attention des organisations : les projets d’économie sociale et l’implication dans sa communauté.

Projets d’économie sociale

Certaines organisations expliquaient que pour financer leur mission sociale principale, elles développaient des projets d’entrepreneuriat social. Le défi pour une organisation jeunesse est de créer un projet d’économie sociale pour autogénérer une partie de son budget, tout en ne dérogeant pas de sa mission principale. Par exemple, un organisme communautaire qui prépare des repas gratuits aux personnes défavorisées de son quartier pourrait offrir un service de traiteur à prix modique pour leur communauté. Le principal problème avec cette alternative est que pour démarrer un volet entrepreneurial, les organisations jeunesse doivent disposer d’une mise de fonds pour commencer à développer le projet. Cependant, il n’y a pas davantage de fonds publics disponibles dans le secteur de l’économie sociale que pour les missions principales des organisations jeunesse. Peu d’organisations sont donc en capacité de trouver le financement de base nécessaire au développement d’un nouveau service pouvant éventuellement leur rapporter un revenu.

Implication dans la communauté

D’autres organisations affirmaient que pour avoir davantage de budgets, elles misent sur l’implication dans leur communauté.  L'objectif pour une organisation jeunesse est d’aller voir les entreprises, magasins, restaurants de sa communauté pour des partenariats ou des commandites. Il est aussi possible d’approcher les élus municipaux, provinciaux et fédéraux des environs pour utiliser leur budget discrétionnaire. Par exemple, une maison d’hébergement et organisation qui lutte contre l’itinérance chez les jeunes est commanditée par un magasin de matelas qui leur offre gratuitement des lits. Cependant, cette alternative nécessite de mobiliser des employés pour une recherche constante de subvention. Les commandites ou partenariats sont généralement pour des projets en particulier, ce qui ne règle pas la problématique de la stabilité du financement. Il est très bénéfique pour les organisations jeunesse de se rapprocher au maximum de leur communauté, mais ces relations à elles seules ne peuvent pas garantir la durabilité de la mission d’une organisation.

Mécontentement

En l’absence de soutien gouvernemental, les organisations jeunesse font preuve de débrouillardise, de créativité et de détermination pour trouver des sources alternatives de financement et continuer d’accomplir leur mission sociale. Dans l’atelier, malgré les nombreuses discussions sur les moyens originaux de financement, les organisations jeunesse ont manifesté leur mécontentement face au choix du gouvernement provincial de couper leur financement. Ce devrait être, selon les participants présents, du ressort du gouvernement d’offrir un financement récurrent et stable aux organisations jeunesse. Les organisations jeunesse réclament leur part pour pouvoir agir pour les jeunes.

 

Atelier 3 : Toujours, au service de ses membres

En mai dernier, le gouvernement du Québec annonçait l’abolition du budget accordé aux Forums jeunesse régionaux et au Fonds régional d’investissement jeunesse. Grâce au soutien de nombreux partenaires montréalais, le Forum jeunesse de l’île de Montréal poursuit ses activités comme comité de Concertation Montréal. Privé de financement et de fonds pour investir dans les organisations jeunesse de la région, le Forum jeunesse souhaite bonifier ses actions et son offre de service. Les participants à l’atelier étaient invités à réfléchir à la question suivante : quels services le Forum jeunesse peut-il offrir à ses membres et partenaires?

Concertation et représentation

Évidemment, le Forum doit poursuivre son objectif de concerter la jeunesse montréalaise et de la représenter dans les différentes instances municipales, provinciales et fédérales. Le Forum jeunesse doit assurer que la voix des jeunes de Montréal soit entendue en consultant les organisations jeunesse et en favorisant la participation citoyenne des jeunes. Le FJÎM doit créer et entretenir une communauté jeunesse prête à intervenir sur les enjeux qui la concernent.

Le Forum jeunesse doit également, avec l’aide des organisations membres, encourager les jeunes à participer aux évènements jeunesse de la région, à voter aux différentes élections et à s’impliquer dans leur communauté.

Services et formations

Les organisations présentes ont manifesté leur désir que le Forum jeunesse développe, grâce à son réseau de partenaires, une série de formations sur la gestion, la gouvernance et le financement des organisations jeunesse. Des activités sur la rédaction de demandes de subventions, sur l’organisation d’évènements, sur les rôles des jeunes administrateurs, sur l’implication des jeunes femmes dans les sphères décisionnelles et autres thématiques connexes pourraient être offertes aux membres organisationnels du Forum jeunesse.

Les participants ont affirmé qu’il était primordial que les organisations jeunesse mettent leur expertise et leurs services en commun. En ces moments financièrement éprouvants pour les organisations jeunesse, partage et solidarité sont les mots d’ordre. Le Forum jeunesse doit rassembler un réseau d’organisations et de jeunes désirant s’entraider.

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